En direct des régions | Publié le 12/10/2009 à 10:20
Sélectionnée pour le Trophée des Epl dans la catégorie « habitat et développement urbain », cet éco-quartier, bâti sur les vestiges d'une caserne grenobloise, est un des plus aboutis de France, en avance sur le Grenelle Environnement. A visiter sans modération.

Grand gagnant ex aequo de l’édition 2009 du Trophée des EPL, le projet d’éco-quartier imaginé par la ville de Grenoble sur les vestiges de l’ancienne caserne de Bonne a séduit le jury par la profondeur de la réflexion menée autour des enjeux environnementaux et sociaux, et le degré d’innovation adopté. « C’est l’un des rares exemples ou la dimension développement durable a été poussée aussi loin en France », reconnaît le président du jury, Nicolas Lefèvre, à l’occasion de la remise du prix. C’est « un des éco-quartiers les plus avancés en France », confirme l’Agence locale de l’Energie de l’agglomération grenobloise, engagée dans ce projet. Son exemplarité en matière de haute qualité environnementale lui a d’ailleurs valu le soutien du programme européen de recherche et développement Concerto, lancé en 2003 en vue de favoriser un nouvel urbanisme.
Neuf promoteurs pour un projet global
Tout y est : 1 000 m2 de capteurs solaires thermiques (qui assureront environ 45 % des besoins en eau chaude sanitaire), ventilation double flux avec récupération de chaleur, bonne isolation du bâti, végétalisation des façades et des terrasses, chaudières à cogénération qui produisent simultanément de la chaleur et de l’électricité par combustion du gaz naturel, centrale photovoltaïque construite sur le toit de l’espace commercial (et sur l’immeuble de bureaux à énergie positive), mixité sociale, culturelle et générationnelle, accessibilité aux personnes à mobilité réduite, bonne desserte par les transports collectifs, intégration d’un parc urbain de 5 hectares, concertation publique importante avec les habitants, gestion écologique du chantier… Tous les projets (logements, équipements, bureaux) se voient imposer des exigences fortes en termes de consommation d’énergie et de qualité thermique des bâtiments, avec pour objectif de réduire la consommation de 30 % à 40 % par rapport aux standards appliqués aujourd’hui en construction. Une politique volontariste et un terrain fortement convoité en raison de son positionnement de choix en centre ville, ont permis d’imposer ce cahier des charges très exigeant aux neufs promoteurs publics et privés qui ont financé l’essentiel des 6,6 millions d’euros nécessaires pour la réalisation de ce nouveau quartier.
Dynamisme : l’affaire de tous
Au centre de Grenoble, sur les 8,5 hectares de l’ancienne zone militaire qui s’étend de l’hyper-centre aux grands boulevards, a donc été érigé un éco-quartier exemplaire de 850 logements neufs, dont au moins 35 % dévolus au logement social. Il s’organise en îlots disposant de jardins et ouvrant sur un parc d’une superficie totale de 5,5 hectares, soit plus de 40 % de la superficie totale de l’ancienne caserne. L’implantation de 6 000 m² de bureaux, d’un hôtel, d’un cinéma et d’un vaste espace commercial devraient assurer le dynamisme économique de la zone, et des équipements publics tels une école élémentaire de conception « bioclimatique » (dispositifs passifs limitant les apports solaires en été et les favorisant en hiver), deux résidences pour étudiants, un pôle sportif et un établissement pour personnes âgées, viennent compléter cet équilibre.
A la grande satisfaction des élus, la ville change de visage et les quartiers du centre, autrefois divisés par « l’enclave militaire », vont désormais communiquer. La superficie importante libérée par l’armée offre une opportunité exceptionnelle pour étendre le centre-ville vers la troisième ligne de tramway inaugurée en 2006. Il faut dire que depuis 2002, le projet de reconversion de la caserne de Bonne a suivi un long processus de concertation avec les unions de quartier, les associations et les Grenoblois, et que le projet a bénéficié d’une précédente expérience aux objectifs environnementaux déjà très ambitieux, conduite par la SEM SAGES sur la ZAC Vigny Musset. Cette dernière s’est entourée des compétences techniques d’une équipe spécialisée en énergie et en environnement pour suivre les différentes étapes depuis la phase du concours jusqu’à l’accueil des nouveaux habitants du quartier, en passant par le suivi des consommations énergétiques des bâtiments pendant deux ans au moins après leur livraison. Des campagnes de mesures précises et approfondies qui devraient permettre de tirer les enseignements des efforts déjà produits et d’apprécier l’efficience d’équipements comme les mini-cogénérations gaz. Au-delà de cet accompagnement continu, des formations pratiques ont été dispensées auprès d’une quarantaine d’entreprises travaillant sur site qui se sont, depuis, appropriées de nouveaux concepts et de nouvelles méthodes.
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