En direct des régions | Publié le 10/07/2008 à 13:17
La tranquille Enghien-les-Bains d’hier, réputée pour son Casino et ses thermes, est entrée dans l’ère du numérique avec son festival « Les Bains Numériques », dédié aux arts visuels. Consciente de l’impact irréversible de ces nouveaux outils interactifs, la municipalité a engagée une réflexion ambitieuse pour l’aménagement de son territoire.

Des éoliennes sonores, des robots chanteurs de musique pop, des cartes postales parlantes, un chapiteau d’ambiances musicales et un e-bar ouvert le soir, les déambulations de Cyril Hernandez ou le parquet de bal du futur pixels de Miguel Chevalier…, le troisième festival « Bain numérique » a battu le plein à Enghien-les-Bains du 6 au 14 juin dernier. Petite ville de tourisme et de culture installée aux abords de la capitale, Enghien-les-Bains n’abrite pas qu’un festival unique en son genre dédié aux arts numériques. Elle projette également « Enghien-les bains, aujourd’hui, ville du futur », un colloque exceptionnel qui a réuni de nombreux spécialistes autour des enjeux de la ville numérique et mobile. Plus encore, elle est la première ville à expérimenter le prototype « Ludigo », un système de cartographie comportementale dynamique accessible sur un appareil numérique portable (Personal Digital Assistant). Ce nouveau dispositif qui permet à la fois la géo localisation (du type GPS) et la prise en compte d’informations sur l’espace, le temps, et le profil de l’utilisateur, propose une promenade virtuelle dans la ville enrichie d’informations culturelles, sportives, historiques ou pratiques (comme le menu du restaurant devant lequel vous passez), disponibles en temps réel et sur fonds d’ambiances sonores : la princesse Mathilde incarne la fin du XIXe siècle, Mistinguett incarne les années folles et Arsène Lupin vous entraîne sur un parcours proche du jeu de rôle ou de l’enquête. Avec Ludigo, si un évènement devait se dérouler dans le théâtre devant lequel vous passez, vous en seriez immédiatement informés.
« Les technologies numériques, désormais bien intégrées dans notre quotidien, sont synonymes d’immédiateté et de mobilité. Elles bouleversent déjà nos modes de vie. Les contraintes d’espace et de temps s’en trouvent progressivement gommées. Et plus personne ne conteste l’idée que la gouvernance numérique locale de l’espace public accentuera les fractures entre territoires. Demain, le territoire de sens sera numérique, au risque de paraître comme un lieu perdu dans la masse globalisée, un lieu non intelligent parce que déconnecté du réseau, en raison d’une infrastructure peu attrayante pour le développement économique et la vie des citoyens », explique Bachir Arouna, directeur de Cabinet de la mairie d’Enghien-les-Bains. Le plus dur reste donc à faire : aménager le territoire et étendre la toile, de façon à être en phase avec les vastes ambitions numériques de la ville et pérenniser ainsi le succès de son industrie touristique. « De nombreuses questions s’imposent, confirme Bachir Arouna, pour la densification de l’aménagement en fibres optique, faut il bouleverser le quotidien des citoyens et bloquer toute la ville afin d’achever le plan de connectique ou le faire évoluer au fur et à mesure des travaux d’urbanisme ? Peut être faut-il privilégier le Wifi, mais alors s’imposent les principes de précaution afférents aux répercutions des ondes hertziennes sur la santé… ». Plusieurs options techniques d’aménagement et de financement seront bientôt débattues par les élus. Si l’assemblée délibérante venait à statuer sur le développement du réseau de fibres optiques, aucune piste ne sera alors écartée, (portage directe, Co aménagement, ou Partenariat Public-Privé etc.) « Au fond, le territoire local aménagé n’est qu’un espace équipé, une autoroute locale de l’information, connectée au réseau mondial et comme tout équipement, il pourra être directement exploité, ou affermé » explique le directeur de cabinet.






