En direct des régions | Publié le 23/02/2009 à 11:46
Moins de déchets ultimes, moins d’émissions de gaz à effet de serre : le traitement biomécanique des ordures convient aux petits volumes.

Depuis juillet 2008, une usine de traitement des déchets nouvelle génération est entrée en service au coeur du département des Deux-Sèvres à Champdeniers. Basée sur des procédés biomécaniques, elle permet aujourd’hui de réduire de 40 % le volume des ordures
ménagères qui subsistent après le tri des particuliers. De plus, grâce à un traitement spécifique, elle élimine toute production de gaz à effet de serre liée au stockage des déchets.
Pour le Président du Syndicat mixte de traitement et d’élimination des déchets (SMITED),le choix de la biomécanique s’est imposé pour des raisons d’échelle. « Notre usine de traitement concerne 279 communes et 260 000 habitants, explique Claude Roulleau. Chaque année, nous récoltons 60 000 tonnes de déchets après tri. Créer une usine d’incinération pour un si petit volume serait bien trop coûteux. Avec le centre biomécanique, nous avons choisi la solution la plus économique et la plus écologique, compte tenu de notre situation. » Avant la mise en service de cette nouvelle infrastructure, les Deux-Sèvres étaient obligées
d’acheminer une grande partie de leurs ordures dans les départements voisins. Avec ce centre ultramoderne construit par Vinci et géré en régie, le traitement est celui du déchet dit « ultime ». Le principe : trier, recycler et valoriser au maximum afin de n’avoir à stocker que les matières qui ne peuvent vraiment pas être réutilisées.
Ici, une fois les containers déchargés, les ordures font l’objet d’un nouveau tri implacable. Les cartons, les plastiques et les papiers qui n’ont pas été triés auparavant sont isolés. Sur les chaînes partiellement mécanisées, les métaux ferreux sont captés pour être dirigés vers des ferrailleurs. Les déchets ménagers qui peuvent fermenter, comme le marc de café, les épluchures, les restes alimentaires, font l’objet d’un traitement particulier. En effet, ce type d’ordure ménagère dégage du gaz à effet de serre lorsqu’il est mis en décharge.
« Afin de neutraliser cette émission néfaste pour l’environnement, ils sont mis en casier de compostage et montent en chaleur dans un environnement dont les émanations sont filtrées, explique Patrice Butel, directeur du SMITED. Ainsi, ils deviennent totalement inertes avant d’être stockés. Une opération qui permet d’économiser l’équivalent de 12 000 tonnes de gaz à effet de serre par an. »
Pour l’instant, sur les 60 000 tonnes traitées par le centre en douze mois, 40 % sont réutilisées ou transformées. Le reste est stabilisé, broyé et dirigé vers le centre de stockage du département. Mais le SMITED espère trouver des débouchés à ces 60 % de déchets ultimes. « Nous sommes actuellement en négociation avec un groupe industriel qui pourrait permettre la valorisation thermique de ces
matières, poursuit son directeur. Après avoir affiné le broyage, il pourrait servir de combustible de substitution pour des fours dont la température monte à plus de 1 200° C.»






