Actualités | Publié le 28/08/2008 à 11:02
A lire : pour en finir avec les idées reçues sur la mondialisation et les territoires
La Rédaction
La revue « Pouvoirs Locaux » de l’Institut de la décentralisation invite de nombreux chercheurs à réfléchir aux nouveaux phénomènes de reterritorialisation et à leurs conséquences sur les politiques locales.

Dans son dernier numéro, la revue Pouvoirs Locaux ose une analyse originale et passionnante d’un phénomène émoussé par la surmédiatisation : la mondialisation. A contre-courant des théories souvent admises d’une globalisation qui sonnerait la fin des territoires, le dossier de juin titré « territoires et mondialisation » donne à voir une nouvelle géographie économique. Une vision d’autant plus cruciale pour les décideurs locaux qu’elle implique des recompositions socio-spatiales majeures. En inventant la « glocalisation » – contraction de global et local- dans les années 90, les experts établissent les relations directes entre l’échelon local et les flux globaux.
Autre idée reçue battue en brèche par ce dossier : une économie mondialisée ne concernerait que les grandes régions métropolitaines. Faux, répondent les chercheurs, qui estiment que les villes moyennes sortent gagnantes de la mondialisation quand elles sont intégrées dans un territoire où la métropole choisit d’associer activement et concrètement les villes de son environnement régional. Deux exemples, Lorient et Marseille, illustrent ces analyses.
Point d’orgue du dossier, l’interview de Pierre Veltz, économiste et directeur de l’Institut des hautes études de développement et d’aménagement des territoires en Europe (IHEDATE). « Il préconise une solide coopération entre les acteurs afin d’initier les dynamiques innovantes dans les territoires. A l’heure d’une « mondialisation à haute résolution », Veltz qualifie les territoires locaux de « réservoirs privilégiés de ressources relationnelles » à condition bien entendu qu’ils préférent la coopération aux affrontements de clocher. Il va jusqu’à revendiquer une réforme structurelle des institutions territoriales pour faire de la région le lieu privilégié d’une stratégie économique et de l’intercommunalité une instance légitime parce qu’issue du suffrage universel », résume Cynthia Ghorra-Gobin, directrice de recherche au CNRS.
Pour finir sur une note prospective, Pouvoirs Locaux donne la parole à Jacques Lévy, professeur de géographie à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, et qui vient de diriger un ouvrage collectif « L’invention du monde-une géographie de la mondialisation ». Le chercheur nous invite à revisiter « le monde comme lieu ».
« Territoires et mondialisations », revue Pouvoirs Locaux, Les cahiers de la décentralisation, n°77, II/2008, juin, 15 euros.
Pour en savoir plus : www.idecentralisation.asso.fr







