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Actualités | Publié le 14/06/2010 à 19:46

« Retrouver le plaisir de vivre en ville »

La Rédaction


Économiser les énergies, réduire les temps de transport entre l’habitat, les lieux de travail et les équipements publics, favoriser la biodiversité ou assurer la mixité sociale et générationnelle : le nouveau défi pour nos collectivités locales consiste à gérer un faisceau de préoccupations énorme dans une activité déjà complexe d’aménagement urbain. Analyse de Jean-Marie Bernard, responsable du département aménagement urbain et développement économique au sein de la Fédération des entreprises publiques locales (initialement publié dans le numéro 53 d'Actions Communes - Fév 2009)

Éco-quartiers, villes durables, éco-cités : s’il n’existe ni définition officielle ni label, mais pléthore de vocabulaire pour traduire l’intégration des objectifs de développement durable dans la planification de la ville, c’est que les choix en matière de traitement de l’eau, d’orientation d’un bâtiment ou même sa forme architecturale se décident en fonction de la densité de l’habitat, de sa situation géographique ou des matériaux disponibles dans l’environnement. Plutôt que d’imposer labels et certifications arbitraires, il apparaît plus judicieux de référencer les bonnes pratiques pour les faire ensuite évoluer de manière pragmatique. C’est dans cet esprit que la Fédération des entreprises publiques locales a recensé une trentaine d’opérations (pdf), en projet, en cours de réalisation ou déjà réalisées. Ce large panel, outil de travail évolutif, permet en l’état d’appréhender la diversité des opérations et de partager les savoir-faire. L’initiative a d’ailleurs devancé celle du gouvernement qui lançait, dans le cadre de son plan Ville Durable le « concours ÉcoQuartiers » visant à regrouper dans un « club opérationnel » les divers programmes mis en oeuvre dans l’Hexagone.

Malheureusement, le concept connaît son essor au moment où la conjoncture se montre peu favorable. L’argent se raréfie, les promoteurs immobiliers licencient et leur manque d’appétence à construire impose aux élus de réviser leurs exigences. Comme souvent en période de crise, lorsque l’initiative privée est aux abonnés absents, c’est le logement social qui sert de support à la réflexion pour concevoir des habitations à la fois moins chères, plus économes et plus respectueuses de l’environnement. Consolons-nous en constatant l’énorme pas en avant fait depuis une quinzaine d’années en France. Notre arsenal juridique s’est considérablement renforcé et le mouvement s’accélère encore avec des initiatives comme le plan Climat. Les grands groupes producteurs d’énergie ont intégré les énergies renouvelables comme stratégie de diversification et un vaste territoire d’inventivité s’ouvre aux plus audacieux, qui s’engouffrent sur ces nouveaux marchés voués à créer de l’emploi. En témoigne l’initiative de la ville de Poitiers qui vient de créer un “Cluster” éco-habitat pour développer la filière de l’éco-construction dans la région  : un réseau associatif d’une cinquantaine d’acteurs engagés dans la mise en oeuvre de solutions aussi innovantes que l’utilisation de panneaux de peuplier isolants pour envelopper les bâtiments anciens.

C’est l’un des problèmes majeurs de déperdition d’énergie en France. Trop longtemps absente, l’expérience française devient progressivement exemplaire en Europe. Le savoir-faire de nos élus en matière de planification a permis d’étendre la réflexion au-delà des seuls bâtiments économes en énergie et autres pistes cyclables parfois imaginées dans des environnements clos réservés à des cadres supérieurs. Ces « îlots verts » érigés au milieu de nulle part relèvent de l’utopie, considérant que l’aménagement urbain durable n’a de valeur que s’il s’inscrit dans un plan d’urbanisme durable. Notre démarche consiste davantage à adapter l’existant afin de rendre les villes plus agréables à vivre et, lorsque les citoyens cesseront de fuir leur quartier pour passer leurs vacances le plus loin possible, le pari sera alors gagné.

Crédit photo : Manuel Vallence